Le niveau B2 est le niveau « avancé » du CECRL, le quatrième de ses six niveaux (A1, A2, B1, B2, C1, C2) et le plus élevé des niveaux d'« utilisateur indépendant ». Une personne de niveau B2 comprend l'essentiel d'un texte complexe et parle avec assez d'aisance pour qu'une conversation avec des natifs se fasse sans effort de part et d'autre, même avec encore quelques erreurs.
En France, le B2 est devenu une sorte de péage. La plupart des écoles d'ingénieurs exigent un niveau B2 anglais certifié pour délivrer le diplôme, souvent sous la forme d'un TOEIC à 785 points. Les offres d'emploi le glissent entre « permis B » et « maîtrise d'Excel ». Les universités le demandent aussi aux étudiants étrangers, en français cette fois. Pourtant, si tu demandes autour de toi ce que veut dire « B2 » concrètement, tu récolteras surtout des haussements d'épaules.
La signification officielle tient en trois idées. Selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), une personne de niveau B2 comprend l'essentiel d'un texte complexe, même abstrait, y compris une discussion technique dans son domaine. Elle s'exprime avec assez d'aisance et de spontanéité pour qu'une conversation avec un natif ne demande d'effort ni à l'un ni à l'autre. Et elle sait donner un avis clair et détaillé sur un sujet d'actualité, en pesant le pour et le contre. Dit plus simplement : en B1, tu te débrouilles ; en B2, tu discutes.
Le niveau B2 anglais, concrètement
Les descripteurs officiels sont justes, mais un peu secs. Voilà à quoi ressemble un vrai B2 en anglais dans une semaine ordinaire :
- tu regardes une série américaine avec les sous-titres anglais et tu suis l'intrigue, même si une blague sur trois te passe au-dessus de la tête ;
- tu écoutes un bulletin de la BBC et tu peux le résumer à quelqu'un juste après ;
- tu tiens une visio avec des collègues de Dublin ou de Bangalore, tu poses des questions, tu contredis poliment ;
- tu écris un mail pour contester une facture, avec des arguments, et on te répond sérieusement ;
- tu lis un article du Guardian sur un sujet que tu connais sans sortir le dictionnaire toutes les deux lignes.
Ce que tu ne fais pas encore : comprendre deux Écossais qui plaisantent au pub, saisir tous les jeux de mots, écrire sans faute, parler avec aisance d'un domaine technique qui n'est pas le tien. Et tu as encore un accent. Tout le monde en a un, et le CECRL ne te demande pas de t'en débarrasser.
Les fautes qui restent
Un francophone en B2 traîne encore quelques classiques : « since three years » au lieu de « for three years », « I have seen him yesterday » au lieu de « I saw him yesterday », « informations » avec un s, « actually » employé pour dire « actuellement ». La différence avec le B1, c'est que tu les repères en te relisant, et qu'elles n'empêchent plus personne de te comprendre.
B1 ou B2 : où passe la frontière ?
Le passage de B1 à B2 est le plus mal compris de toute l'échelle. En B1, tu racontes : ce que tu as fait, ce que tu veux, ce qui s'est passé. En B2, tu argumentes : pourquoi tu n'es pas d'accord, ce qui se passerait si, ce qu'on aurait dû faire. Ça suppose des outils de grammaire précis, comme le conditionnel, le passif ou le discours rapporté, et surtout du vocabulaire abstrait : enjeu, coût, conséquence, tendance, compromis.
C'est aussi la frontière entre comprendre ce qu'on t'adresse en articulant pour toi et comprendre ce que des natifs se disent entre eux. Beaucoup d'apprenants restent coincés sur ce palier pendant des années parce qu'ils continuent à travailler comme en B1 : listes de vocabulaire concret, exercices à trous, dialogues de manuel où tout le monde parle lentement. Le détail des six niveaux CECRL montre bien que le B2 demande autre chose qu'un B1 « en plus fort ».



