Trois mois, c'est quatre-vingt-dix jours. À une heure par jour, ça fait quatre-vingt-dix heures de travail, et c'est à peu près le seul chiffre qui compte dans cet article.
Avec ces quatre-vingt-dix heures, tu peux apprendre l'anglais rapidement si tu en as déjà fait à l'école : remettre en route un anglais rouillé et atteindre un B1 qui fonctionne (comprendre l'essentiel, te débrouiller en vacances, tenir une conversation simple au travail) est réaliste pour beaucoup de gens. Si tu pars vraiment de zéro dans une nouvelle langue, vise un A1 solide et le début de l'A2. Ce n'est pas rien. Ce n'est pas non plus « bilingue en 90 jours », et les méthodes qui promettent ça vendent surtout des méthodes.
Combien d'heures tiennent dans trois mois
Tout dépend du rythme, et les écarts sont énormes :
| Rythme quotidien | Total sur 3 mois (environ) |
|---|---|
| 15 minutes | 22 heures |
| 30 minutes | 45 heures |
| 1 heure | 90 heures |
| 2 heures | 180 heures |
Pour comparer, Cambridge English, qui organise les examens du même nom, donne des ordres de grandeur d'heures d'apprentissage guidé, cumulées depuis zéro : environ 180 à 200 heures pour atteindre A2, 350 à 400 pour B1, 500 à 600 pour B2. Un A1, c'est grosso modo la moitié du chemin vers l'A2. Ces chiffres sont approximatifs, pensés pour l'anglais avec un enseignant, et le travail personnel s'y ajoute. Mais ils suffisent à voir le problème : à trente minutes par jour, trois mois ne font même pas un A1 complet en partant de zéro. À une heure, on y arrive. À deux heures, l'A2 devient possible. Pour un horizon plus long, notre article sur le temps qu'il faut pour apprendre une langue donne les fourchettes niveau par niveau.
Apprendre l'anglais rapidement quand on a déjà sept ans d'anglais derrière soi
C'est le cas de la plupart des lecteurs. Collège et lycée, sans compter le primaire : sept ans d'anglais au minimum, une épreuve au bac, et pourtant la sensation de ne pas savoir parler. Les programmes visent officiellement le B2 en fin de terminale pour la première langue vivante. Dans la vraie vie, beaucoup d'adultes se retrouvent avec une bonne compréhension écrite, une oreille à la traîne et une bouche qui refuse de suivre.
Pour un plan de trois mois, c'est une excellente nouvelle. Tu n'apprends pas, tu réactives. Le vocabulaire passif est là, la grammaire de base aussi (même si le present perfect reste un mystère pour beaucoup de monde). Ce qui manque, c'est l'écoute et la production. Ton plan doit donc consacrer beaucoup plus de temps à écouter et à parler qu'à refaire des exercices à trous.
Un objectif raisonnable pour trois mois d'efforts sérieux : un B1 solide et, pour les plus réguliers, les premières marches du B2. Si tu vises un score au TOEIC pour un dossier ou un recrutement, le seuil du B2 correspond à environ 785 points sur 990. Ce que ce niveau implique concrètement est détaillé dans notre article qu'est-ce que le niveau B2.
Partir de zéro : trois mois dans une autre langue
Si tu commences l'espagnol, l'italien ou le portugais, tu pars avec un avantage énorme : des milliers de mots se ressemblent et la grammaire fonctionne à peu près comme la tienne. En trois mois à une heure par jour, un A1 solide et une bonne partie de l'A2 sont réalistes : te présenter, commander, demander ton chemin, raconter ton week-end au passé avec quelques fautes.
Pour le japonais, le coréen, l'arabe ou le chinois, c'est une autre histoire. Le Foreign Service Institute, l'école qui forme les diplomates américains, range ces langues dans sa catégorie la plus longue : environ 88 semaines de cours à plein temps, contre 24 à 30 semaines pour l'espagnol ou l'italien. Ces durées sont calculées pour des anglophones, mais l'écart vaut à peu près pour un francophone. En trois mois, tu auras l'écriture de base (les kanas pour le japonais, l'alphabet pour le coréen ou l'arabe), quelques centaines de mots et les phrases de survie. C'est un bon trimestre. Ne le juge simplement pas avec la règle de l'espagnol. Notre classement des langues les plus faciles pour un francophone explique d'où vient cet écart.



